• Thierry

Début du retour vers Kathmandu et Nico, Bastien et Kumar partent pour la Tsum

Episode 8: Rencontre de Jité Le matin après un déjeuner sous la tonnelle, c'est déjà le moment de se quitter et de laisser les jeunes s'embarquer à trois avec Kumar, pour 25 jours de trek! D'abord la vallée de la Tsum, un petit bijoux, semble-t-il une sorte de mini Mustang, puis le circuit du Manaslu. J'en suis presque un peu envieux. Ce mini trek à la course laisse un arrière-goût d'inabouti et de surcroît j'ai vraiment envie de voir cette Tsum Valley une fois! On se fait nos adieux avec les recommandations d'usage... Mettez quand-même vos chaussures, ne grimper pas les blocs, ce serait trop bête ne serait-ce que de se tordre la cheville. J'ai encore une fois l'impression d'être le papa, et la différence d'âge va juste bien avec...


De notre côté nous partons avec Chitra, Ganesh et Ramès notre (mon) porteur. 3heures trente plus tard on arrive à Sothi Kola! Mon Dieu ce que ça a changé en 4 ans... C'est construit de partout, et pas que de petites maisons!! De petites entreprises se sont installées, la route s'est agrandie et je ne reconnais rien!

On s'installe dans un hôtel de 3 (4?) étages et j'ai droit à une chambre avec vue sur la rivière et une salle de bain privée. Mais quand je vois la crasse et la finition des travaux dans la douche, je me prends à regretter la simplicité des fontaines locales. Le pire c'est que ce n'est pas une question de moyens mais juste de niveau d'exigence. La peinture dépasse de partout, c'est sale, même le ciment de jointoyage a été éclaboussé n'importe comment et n'a pas été nettoyé; ce ne serait pas plus mal si c'était plus propre. Je ne suis qu'un Suisse coincé sur la propreté?? Pas sûr...


En descendant pour attendre le souper, je me casse le nez sur... Jité!!! Incroyable coïncidence!! Il est entrain de renter à Lapu depuis Pokhara où il a été passer des examens pour pouvoir être nommé comme infirmier au centre médical. Ils étaient 1500 et il n'y aura que 50 nommés... On aura les résultats en décembre. Il y a bien des chances qu'un autre soit un jour nommé à Lapu mais d'ici là, c'est lui qui est en charge et nommé temporairement par le district! L'occasion est idéale pour le féliciter (il n'est plus question de remettre sa légitimité en doute puisqu'il a été nommé en remplacement de Man Maya), lui assurer qu'on continuerait la même contribution qu'à Man Maya. Sudha m'avait donné le salaire qu'il était sensé avoir (19'000 RS) mais lui m'affirme qu'il n'aura que 11'000 car il est temporaire. Par contre il admet qu'une fois nommé il aura 22'000 RS par mois car il y a eu depuis quelques semaines une réévaluation des échelles salariales avec le nouveau budget du gouvernement et une augmentation de 25%. Par ailleurs il a avec lui ses papiers, contrat avec salaire, cahier des charges, et autorisation de pratique. Un salaire de 11'000 est toutefois insuffisant pour lui permettre de bien vivre et si il devait se contenter de cela il arrondirait ses fins de mois en faisant de la vente directe de médicaments et des petits soins payants (tout les soignants font cela par ailleurs).

Il faudra que l'on annonce tout cela à AFPN (Aide pour la Formation Parmédicale au Népal, association Française avec la quelle nous avons eu quelques échanges), eux qui avaient investis sur lui à l'époque. Ils financent d'ailleurs encore la formation de sage-femme de la femme de Jité, Sunita Gurung qui suit sa formation à Damauli.


Cette rencontre est l'occasion de reprendre une relation plus paisible que la dernière fois où il y avait des tiraillements entre Man Maya, l'infirmière officielle et lui qui voulait du travail mais n'était légitimé que parce que AFPN avait payé sa formation. J'en profite pour le féliciter pour son cursus, son examen et aussi pour son mariage contre les habitudes puisque comme intouchable (Sunar) il a commis l'impudence de vouloir se marier avec une Gurung. Il me raconte du coup les pressions et tentatives de chantage qu'il a subit alors mais dit qu'il a pu oublier et qu'il côtoye maintenant ses anciens détracteurs sans amertumes.